patoisantlorrain a écrit: Avant 1957, l'eau courante, si l'on peut dire, c'était la pompe près de la pierre à eau !
J'ai connu cela chez mes grands parents et chez d'autres personnes dans les années 60 encore. C'était peut-être moins pratique que la distribution d'eau actuel mais c'était en tout cas bien moins cher. Aujourd'hui, on en arrive à des sommes astronomiques rien que pour l'abonnement et sans avoir tiré encore un litre d'eau qu'on ne peut d'ailleurs même pas boire vu le taux de nitrates.
Aujourd'hui on en vient à récupérer l'eau de pluie qui tombe sur le toit. La pompe dans le jardin, c'était mieux, et l'eau, on pouvait au moins la boire.
Il y aurait beaucoup de choses à dire au sujet du thème de ce fil, à savoir la disparition de toutes les traditions qui ont ponctué notre enfance. Je me souviens aussi de la Fête-Dieu à Thionville avec la messe en plein air à laquelle participaient plus de mille personne dans le parc Wilson. Qui se souvient aussi des rogations, les trois jours avant l'ascension, pendant lesquelles le prêtre allait bénir les champs.
Avec Vatican II, l'église a voulu se moderniser : plus de processions dans les champs, plus de prières pour les récoltes, plus de latin. Elle a fait fuir tout le monde. Elle s'est transformée en marchande de soupe. Quand je vois que le Carême qui était un moyen, par une alimentation moins grasse de se débarrasser des toxines accumulées pendant l'hiver, devenir une occasion de plus de récolter de l'argent pour ceci, pour cela, pour les pauvres, pour le tiers monde...
En abandonnant sa langue sacrée, le latin, l'église a signé son arrêt de mort. Les juifs ont-ils abandonné l'hébreu, les musulmans l'arabe littéraire? Les synagogues et les mosquées sont-elles désertes?
En plus, dans la partie germanophone de la Lorraine, en abandonnant en 1945 le catéchisme et le prêche en allemand, l'église s'est rendue complice de la francisation et de la disparition de la langue régionale. Quand je me suis marié en 1984, ce fut un vrai parcours du combattant pour obtenir une messe en luxembourgeois. Enfin, aujourd'hui, c'est du passé, ça fait vingt ans que j'ai quitté la barque qui est en train de couler.
En tout cas, qu'on soit personnellement croyant ou non, force est de reconnaître que l'église était autrefois un ciment de la société traditionnelle et que ses rites ponctuaient la vie des villages. Sa démission nous a précipité dans la société inhumaine dans laquelle nous vivons aujourd'hui.
C'était le coup de gueule du dimanche matin de la part d'un druide trévire!
An fonne come an pieune, an n'fonne meu come an vieune.